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cosmo urban
Les echos
07/12/2020

2,5 milliards. C’est d’après l’ONU le nombre d’habitants supplémentaires dans les villes d’ici 2050. Avec une infrastructure qui n’évolue pas aussi vite que les modes de déplacements actuels, les réseaux de mobilité urbaine devraient rapidement se révéler inadaptés. Toujours plus congestionnés. Ralentissement des flux, des pics de pollutions plus nocifs pour la santé, une sur fréquentation des transports en commun déjà souvent au maximum de leur capacités en heure de pointe. Fort de ce constat,  il devient essentiel de penser plus intelligemment nos déplacements, notamment vers une mobilité plus propre et plus bénéfique pour la santé (concept de mobilité active).

En France, cette transition a déjà commencé. Les utilisateurs de trottinettes électriques partagées sont chaque jour plus nombreux: Paris fait état d'une augmentation de 53% du nombre de cyclistes en mai. La crise sanitaire a accéléré cette tendance, les stocks de vélo sont au plus bas. Mais qu’en sera-t-il après ? Allons-nous revenir en arrière et reprendre nos habitude d’usage, en remontant à bord de voiture individuelle (autosolisme)?

 Afin de pérenniser ces efforts, nous devons permettre une mobilité plus sécurisée, plus connectée, et plus saine.

Sécurisée.
Par exemple, la suppression de 70.000 places de parking de surface d’ici 2026 à Paris se fera-t-elle au profit de pistes cyclables protégées? Il serait opportun d’opérer une cohabitation intelligente entre tous les modes de déplacement, à l’heure où les voies de bus, par exemple, sont confrontées au partage de leur espace entre les cyclistes, trottinettes électriques, autobus et taxis. Les villes vont chercher à rationaliser la jungle urbaine pour que les plus fragiles, piétons et conducteurs de deux-roues (trottinettistes, cyclistes, motards), y trouvent leur place.

Connectée.
La mobilité de demain se pense maintenant. La collecte et l’analyse des données de fréquentation tous modes confondus sur les axes principaux peut jouer un rôle crucial, cela permettra d’adapter les infrastructures selon les flux et modes de transports. S’il ne s’agit pas de se lancer dans des transformations à l’aveugle, il faut penser ces nouveaux espaces avec 30 ans d’avance, tout en intégrant les contraintes d’aujourd’hui, comme la cartographie des accidents, les goulots d'étranglement, etc.

Lutter contre la sédentarité.
Inscrit parmi les 10 principales causes de mortalité par l’OMS, la sédentarité est un fléau contre lequel les nouvelles mobilités doivent se porter en leader de la lutte, le « vélotaf » en tête, dont les mérites ne sont plus à démontrer sur le bien-être du salarié. Une mobilité plus saine, donc, pour combattre l’autosolisme ou les transports, qui sont peu consommateurs de calories, favorisant ainsi une mobilité passive à l’heure où le surpoids gagne du terrain (8 millions d'obèses en France).

Pouvoirs publics, entreprises privées, utilisateurs quotidiens et si nous organisions un Grenelle de la micro-mobilité ? Réunissons tous les acteurs du secteur, afin de créer les bonnes conditions et règles de déplacements urbains de demain. Anticipons intelligemment les nouvelles tendances grâce aux expertises de chacun !

Par Anne-Sophie Frenove, CEO de Cosmo Connected, leader de la sécurité connectée pour les citadins en mobilité